Un vol annulé à la dernière minute ou un retard interminable à l’aéroport fait partie des situations les plus frustrantes pour un voyageur. Jusqu’ici, obtenir une indemnisation pour vol annulé ou retardé relevait parfois du parcours du combattant, mais restait relativement accessible. À compter du 7 février 2026, les règles changent en profondeur. Une nouvelle législation impose désormais une médiation obligatoire avant toute action en justice, modifiant considérablement la procédure de réclamation.
Ce changement, issu du décret n° 2025-772, ne touche pas vos droits à indemnisation en tant que passager, mais la manière de les faire valoir. Délais allongés, nouvelles étapes, coûts potentiels supplémentaires : mieux vaut être bien informé pour éviter les mauvaises surprises.
Dans cet article, nous vous expliquons ce qui change concrètement, comment continuer à obtenir une indemnisation, et surtout comment maximiser vos chances face à cette nouvelle réglementation.

Pourquoi la législation sur les vols annulés et retardés évolue en 2026
Ces dernières années, les tribunaux européens ont été submergés par des milliers de dossiers liés aux retards de vol, annulations et surbookings. L’essor de sociétés spécialisées dans les recours groupés a fortement contribué à cet engorgement, en facilitant les actions de masse contre les compagnies aériennes.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’introduire une étape supplémentaire censée favoriser le règlement amiable des litiges. L’objectif affiché est clair : réduire le nombre de procédures judiciaires et encourager une résolution plus rapide des conflits entre passagers et compagnies.
C’est dans ce contexte qu’a été publié, le 5 août 2025, un décret imposant une médiation préalable obligatoire pour toute demande d’indemnisation à compter du 7 février 2026.
Ce qui change concrètement avec la médiation obligatoire en 2026
La réforme ne modifie pas un simple détail administratif. Elle transforme profondément la manière de réclamer une indemnisation après un vol annulé ou retardé.
La médiation devient un passage obligé
Désormais, il sera impossible de saisir directement un tribunal sans avoir tenté au préalable une médiation. Cette médiation devra obligatoirement passer par le Médiateur Tourisme et Voyage (MTV). En l’absence de preuve de cette démarche, le juge rejettera automatiquement la demande. Cette irrecevabilité est dite “d’office”, sans possibilité de discussion.
Autrement dit, même si votre dossier est parfaitement fondé sur le plan juridique, il sera refusé si vous avez sauté l’étape de la médiation.
La procédure judiciaire devient plus coûteuse
Jusqu’à présent, de nombreux passagers déposaient une requête simple auprès du tribunal. Cette option disparaît. En cas d’échec de la médiation, il faudra désormais passer par une assignation délivrée par un commissaire de justice, ce qui représente un coût estimé entre 150 et 250 euros.
Ce point soulève une question évidente : engager de tels frais est-il pertinent pour une indemnisation de 250 euros ?
Les actions collectives fortement limitées
La réforme met également un frein aux actions groupées. Désormais, seules les personnes d’une même famille, jusqu’au quatrième degré, voyageant sur le même vol, pourront déposer une réclamation commune. Les grandes actions de masse organisées par des plateformes spécialisées deviennent donc beaucoup plus complexes à mettre en place.
L’irrecevabilité automatique en cas d’oubli
Si vous ne pouvez pas prouver que vous avez tenté une médiation préalable, votre demande sera automatiquement rejetée par le tribunal. Ce point est clairement précisé par les informations officielles de www.service-public.fr. Il ne s’agit pas d’une simple formalité, mais d’une condition essentielle.
Vos droits à indemnisation restent inchangés
Malgré cette complexification de la procédure, un point essentiel doit être souligné : vos droits en tant que passager aérien restent exactement les mêmes. Le célèbre règlement européen 261/2004 n’a pas été modifié.
Les montants d’indemnisation applicables en cas de vol annulé ou retardé restent donc identiques :
- 250 euros pour les vols de moins de 1 500 km
- 400 euros pour les vols entre 1 500 et 3 500 km
- 600 euros pour les vols de plus de 3 500 km
Ces compensations s’appliquent toujours en cas de retard de plus de 3 heures à l’arrivée, d’annulation sans préavis suffisant, ou de refus d’embarquement pour surbooking, hors circonstances extraordinaires comme les tempêtes ou les grèves des contrôleurs aériens.
Les vols concernés restent les mêmes : tous les vols au départ de l’Union européenne, ainsi que les vols à destination de l’Europe opérés par une compagnie européenne.
Nouvelle procédure d’indemnisation après le 7 février 2026
Avec cette réforme, la démarche d’indemnisation suit désormais un parcours précis, qu’il est essentiel de respecter scrupuleusement.
Étape 1 : réclamation écrite auprès de la compagnie aérienne
La première étape consiste à adresser une réclamation écrite formelle à la compagnie. Un mail avec accusé de réception ou un courrier recommandé est vivement conseillé. Cette date marque le point de départ officiel de votre démarche.
Les réclamations sur les réseaux sociaux ou par téléphone ne sont pas suffisantes juridiquement.
Étape 2 : attendre la réponse de la compagnie
La compagnie dispose d’un délai légal de 60 jours pour vous répondre. En l’absence de réponse ou en cas de refus, vous pourrez passer à l’étape suivante.
Étape 3 : saisir le Médiateur Tourisme et Voyage
La médiation se fait directement en ligne via le site mtv.travel. Cette démarche est entièrement gratuite pour le passager, les frais étant pris en charge par les compagnies aériennes.
Selon les chiffres communiqués par le médiateur, plus de 90 % des dossiers aboutissent à un accord amiable, ce qui en fait une étape souvent suffisante.
Étape 4 : attendre l’avis du médiateur
Le médiateur dispose d’un délai maximal de 90 jours pour rendre son avis. Si la compagnie accepte la proposition, l’indemnisation est versée et le dossier est clos.
Étape 5 : saisir le tribunal en dernier recours
Ce n’est qu’en cas d’échec de la médiation que vous pourrez saisir la justice. Cette démarche implique obligatoirement une assignation par commissaire de justice, avec les frais associés.
Au total, une procédure complète peut désormais durer entre 6 et 12 mois, contre quelques semaines auparavant dans certains cas.
Les exceptions à connaître absolument
Toutes les réclamations ne sont pas concernées par cette nouvelle procédure. Certaines situations permettent encore d’échapper à la médiation obligatoire.
Si votre réclamation a été formulée avant le 7 août 2025, vous restez soumis à l’ancienne procédure. De même, si le litige concerne un vol datant de plus de quatre ans avant février 2026, la médiation ne s’applique pas.
Enfin, le texte prévoit des cas très spécifiques d’impossibilité légitime d’accès à la médiation, bien que ces situations restent rares.
Nos conseils pour maximiser vos chances d’indemnisation
Face à cette réforme, adopter les bons réflexes devient essentiel.
- Agissez rapidement si vous avez un litige en cours afin d’éviter l’application des nouvelles règles
- Conservez tous vos documents de voyage et échanges avec la compagnie
- Privilégiez toujours une réclamation écrite formelle
- Ne tardez pas à engager la procédure, même si le délai légal est de cinq ans
- Faites confiance à la médiation, qui règle la majorité des dossiers sans passer par le tribunal
Pourquoi cette réforme fait autant débat
Si le gouvernement met en avant la volonté de désengorger les tribunaux, de nombreuses associations de consommateurs dénoncent une réforme qui complexifie l’accès au droit. Selon elles, le coût et la durée des procédures risquent de décourager les passagers, en particulier pour les indemnisations les plus faibles.
Certaines compagnies aériennes elles-mêmes ont critiqué le dispositif, le jugeant coûteux et peu efficace. Le paradoxe est frappant : ni les passagers, ni les compagnies ne semblent réellement satisfaits de cette réforme.
Ce qu’il faut retenir pour les voyageurs
La réforme du 7 février 2026 ne supprime aucun droit, mais elle impose une nouvelle manière de les exercer. Les passagers devront désormais être plus rigoureux, plus patients et mieux informés.
Bonne nouvelle toutefois : en connaissant précisément la procédure, il reste tout à fait possible d’obtenir une indemnisation pour vol annulé ou retardé. Et désormais, vous savez exactement comment faire.

FAQ : Vol annulé ou retardé et médiation 2026
La médiation est-elle obligatoire pour tous les vols annulés ?
Oui, pour toute réclamation formulée après le 7 février 2026, sauf exceptions prévues par la loi.
Les montants d’indemnisation changent-ils en 2026 ?
Non, les montants restent fixés par le règlement européen 261/2004.
La médiation est-elle payante pour le passager ?
Non, elle est entièrement gratuite pour les voyageurs.
Peut-on encore aller au tribunal ?
Oui, mais uniquement après l’échec de la médiation et via une assignation payante.
Les actions collectives sont-elles interdites ?
Elles sont fortement limitées aux membres d’une même famille voyageant ensemble.











