La cigarette électronique a conquis des millions d’adeptes dans le monde. Pourtant, voyager avec sa cigarette électronique n’est pas toujours sans risque. Dans plusieurs pays, elle est formellement interdite que ce soit à la vente, à l’importation ou même à l’usage. Une législation parfois sévère qui peut coûter bien plus qu’une simple amende.
Voici ce que vous devez absolument savoir avant d’embarquer votre e‑cigarette à l’étranger.
Pourquoi certains pays bannissent totalement le vapotage
Santé publique, jeunesse et politiques anti‑tabac
Dans la majorité des cas, l’interdiction de la cigarette électronique et les Puffs repose sur une volonté affirmée de protection de la population, en particulier des plus jeunes. Certains gouvernements estiment que le vapotage pourrait encourager une nouvelle forme d’addiction, voire inciter au tabagisme classique.
Par ailleurs, l’absence d’uniformité scientifique sur les effets à long terme a poussé plusieurs États à appliquer le principe de précaution. C’est notamment le cas de l’Inde, qui justifie l’interdiction par la volonté de prévenir des « dégâts sanitaires massifs ».
Crainte d’un usage détourné ou non contrôlé
Dans d’autres cas, l’interdiction est motivée par la difficulté à encadrer le marché. Le manque de régulation sur les taux de nicotine, les arômes, ou encore la provenance des liquides inquiète les autorités.
Certains pays craignent également des usages détournés de l’appareil pour consommer d’autres substances, comme le THC. Résultat : une interdiction pure et simple de l’objet.
Pays où la cigarette électronique est totalement interdite
Zoom sur l’Asie et l’Amérique latine
Plusieurs destinations prisées des touristes français appliquent une interdiction totale de la cigarette électronique. Cela signifie que ni la possession, ni l’achat, ni l’usage ne sont tolérés, même dans un cadre privé.
Parmi ces pays, on retrouve :
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Thaïlande : interdiction stricte depuis 2014. Les contrevenants s’exposent à une confiscation immédiate, voire des amendes importantes ou peine de prison.
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Singapour : tolérance zéro. La vente, l'importation et l'usage sont formellement prohibés. L’amende peut atteindre 1600 euros, voire plus en cas de récidive.
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Inde : depuis 2019, une loi interdit l'ensemble de la chaîne de distribution et d’utilisation.
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Brésil, Mexique, Argentine : interdiction de vente, parfois associée à des restrictions sur l’usage ou l’import personnel.
Certaines zones d’Afrique (comme l’Égypte ou l’Éthiopie) appliquent également des interdictions sévères, bien que la législation y soit parfois fluctuante.
Risques encourus : amendes, confiscations, prison
Il ne s’agit pas simplement de recommandations : ces interdictions sont activement appliquées, notamment à la douane.
Un touriste français a récemment été détenu au Vietnam pour avoir vapoté dans la rue. Ce pays a renforcé sa législation en 2025, avec des peines allant jusqu’à 15 ans de prison dans certains cas.
Transporter une e-cigarette dans vos bagages vers ces pays peut donc vous exposer à de graves conséquences légales.
Pays avec restrictions partielles ou réglementations locales
Vente ou importation interdites mais usage toléré
Certains pays adoptent une position plus nuancée : la cigarette électronique est tolérée à l’usage, mais interdite à la vente ou à l’importation.
Exemples :
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Australie : vapoter est légal, mais il est interdit d’acheter des produits nicotinés sans ordonnance.
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Norvège : les liquides contenant de la nicotine sont interdits à la vente, sauf sur ordonnance.
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Japon : le vapotage est légal, mais la vente de liquides nicotinés est interdite. Seuls les dispositifs “heat-not-burn” (comme l’Iqos) sont largement utilisés.
Dans ces cas, il est parfois possible d’apporter ses propres recharges, à condition qu’elles respectent les normes douanières (quantité, emballage, etc.).
Zones spécifiques et contrôles douaniers fréquents
Des pays appliquent également des restrictions territoriales ou municipales. Aux États‑Unis, par exemple, la législation varie d’un État à l’autre. À New York, certaines zones sont interdites à la vape en public, sous peine d’amende.
Même chose aux Émirats Arabes Unis, où l’usage peut être restreint à certaines zones, notamment dans les hôtels ou les espaces clos.
Soyez particulièrement vigilants : ce qui est toléré dans un pays peut être strictement réprimé dans une région voisine.
Conseils pour les vapoteurs avant de partir à l’étranger
Vérifier la réglementation locale à jour
Certaines interdictions peuvent survenir du jour au lendemain comme ce fut le cas au Mexique en 2022, avec une interdiction soudaine de vente et d’importation.
Gardez à l’esprit que les règles douanières ne sont pas toujours clairement affichées dans les aéroports : c’est donc à vous d’anticiper.
Précautions à prendre pour éviter les sanctions
Voici quelques réflexes utiles :
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Ne vapotez jamais dans un pays si vous doutez de la législation.
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Évitez d’avoir votre cigarette électronique en évidence à la douane.
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Gardez vos e-liquides dans un sac transparent et respectez les quantités autorisées en cabine.
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Conservez la facture d’achat si vous transportez un appareil neuf.
Enfin, méfiez-vous des forums ou groupes de voyage : les conseils partagés par les autres voyageurs ne sont pas toujours à jour ni juridiquement fiables.
Comment lire les tableaux de législation pays par pays
Signification des colonnes “possession”, “achat”, “usage”
De nombreux sites (comme Le Petit Fumeur) proposent des tableaux récapitulatifs. Attention à bien comprendre les termes utilisés :
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“Usage interdit” : même vapoter discrètement est répréhensible.
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“Importation interdite” : vous ne pouvez ni transporter, ni recevoir du matériel par colis.
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“Vente interdite” : vous pouvez utiliser votre appareil, mais pas en acheter sur place.
Cette lecture fine peut vous éviter des malentendus — et des ennuis.
Astuces pour ne pas interpréter de travers les lois locales
Une astuce simple consiste à taper sur Google :
“vape ban + [nom du pays] site:.gouv”
ou encore
“e-cigarette legislation [pays] site:.gov”
Cela permet souvent d’accéder à une source officielle, voire à des PDF d’information touristique fournis par les douanes.
Enfin, n’hésitez pas à poser la question à votre compagnie aérienne ou agence de voyage : certaines tiennent à jour leurs propres fiches de pays.
En résumé, voyager avec sa cigarette électronique exige aujourd’hui une vigilance accrue. Dans de nombreux pays, le simple fait de posséder une e‑cigarette peut suffire à déclencher une procédure judiciaire. Il ne s’agit donc pas d’une simple précaution, mais d’un réflexe de sécurité personnelle.
Avant de boucler votre valise, posez‑vous cette question simple :
“Est‑ce que je suis certain d’avoir le droit d’emmener ma vape là‑bas ?”
Si la réponse est non, mieux vaut la laisser chez vous.













